Abidjan: les Français regroupés, le camp Ouattara promet une offensive "rapide"

Publié le par sethkokohongrie

 

ABIDJAN - Le regroupement des Français en Côte d'Ivoire était en cours lundi dans trois lieux de la capitale économique Abidjan, livrée au chaos, alors que le camp d'Alassane Ouattara promet une "offensive rapide" pour réduire les bastions de Laurent Gbagbo dans la métropole
ivoirienne.

La Commission européenne a appelé Alassane Ouattara, le président ivoirien
reconnu par la communauté internationale, et le président sortant Laurent
Gbagbo à "protéger les civils" et à tout faire pour éviter de faire basculer
"davantage" leur pays dans la guerre civile.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des droits de l'homme, Ivan
Simonovic, est depuis dimanche à Abidjan pour "évaluer la situation générale"
après le massacre dans l'ouest de la Côte d'Ivoire de plusieurs centaines de
personnes, dont sont notamment accusées les troupes pro-Ouattara.
Comme dimanche, seuls quelques tirs sporadiques d'arme lourde étaient

entendus lundi à Abidjan, théâtre de combats et de pillages depuis jeudi soir.

Dans le quartier du Plateau (centre) où se trouve le palais présidentiel,
quelques tirs étaient entendus au loin. Des jeunes femmes et enfants se
hasardaient dans les rues désertes pour aller chercher de l'eau, plusieurs
secteurs subissant des coupures, a constaté l'AFP.
"Les opérations de regroupement ont commencé sur la base du volontariat.
Deux nouveaux points de regroupement ont été établis, l'un à l'hôtel le Wafou
au sud des ponts et l'autre à l'ambassade de France au Nord", a indiqué lundi
le ministère français des Affaires étrangères.
Le troisième point de regroupement est le camp militaire français de
Port-Bouët où plus de 1.650 ressortissants étrangers, dont environ la moitié
de nationalité française, avaient déjà trouvé refuge dimanche matin. 167
d'entre eux sont partis dimanche pour Lomé ou Dakar.

Le Quai d'Orsay évalue à 12.200 le nombre de Français actuellement en Côte
d'Ivoire, dont 11.800 à Abidjan. Quelque 7.300 ont la double nationalité.
La France a envoyé lundi 150 soldats supplémentaires pour protéger les
expatriés à Abidjan, ce qui porte l'effectif de la force Licorne à environ
1.650 hommes, a annoncé à Paris l'état-major des armées.

Le gouvernement de M. Gbagbo a pour sa part "rassuré la communauté
internationale qu'en dépit de manoeuvres de la France tendant à semer la mort
en Côte d'Ivoire, les Forces de défense et de sécurité (FDS) assurent la
sécurité des ressortissants français", selon un bandeau déroulant de la TV de
M. Gbagbo.

Ces regroupements débutent au moment où Guillaume Soro, Premier ministre de
M. Ouattara, président reconnu par la communauté internationale, annonce que
la situation est "désormais mûre" pour une offensive "rapide".
"La stratégie était d'encercler la ville d'Abidjan. Nous avons envoyé des
soldats à l'intérieur de la ville pour faire du harcèlement des troupes
pro-Gbagbo, des miliciens et mercenaires", a-t-il indiqué dimanche soir sur la
télévision du camp Ouattara, la TCI.
Repliées sur leurs derniers bastions, les troupes du président sortant

Laurent Gbagbo, qui refuse toujours de démissionner ou de s'exiler, opposent

une résistance farouche, disposant notamment de véhicules blindés et
d'artillerie lourde.

Sur la question des violations des droits de l'homme, la région très
troublée de l'Ouest suscitait toujours de grandes inquiétudes.
A son arrivée dimanche, le secrétaire général adjoint de l'ONU "a exprimé
sa vive préoccupation par rapport à la détérioration de la situation des
droits de l'homme entachée de massacres à l'Ouest et de nombreuses exactions
contre les populations civiles".
Selon l'ONU, "la plupart" des 330 morts de Duékoué ont été victimes de
combattants de M. Ouattara, les autres essentiellement de miliciens et
mercenaires libériens pro-Gbagbo.
Le camp Ouattara a vivement contesté ces "allégations", affirmant que tous
les tués étaient des "miliciens". Les Forces républicaines de M. Ouattara ont
annoncé avoir "compté" 152 corps à Duékoué et non des centaines.

Par Thomas MORFIN

     Source :AFP 

 

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