Avant la formation du nouveau gouvernement, Ouattara a payé toutes ses dettes

Publié le par sethkokohongrie

alassane ouattaraCe n’est un secret pour personne. Un vent de remaniement ministériel souffle sur la Côte d’Ivoire après les élections législatives qui viennent de se dérouler le 11 décembre. «Le vrai gouvernement de Ouattara arrive», on entend cela dans tous les salons feutrés et dans les cercles restreints. Cela infère que l’actuel gouvernement n’est pas celui que le candidat du Rdr a promis aux Ivoiriens lors de la campagne électorale de 2010. Ouattara prévoyait, en effet, une équipe ministérielle de 25 membres avec 30% de femmes. Un peu comme le gouvernement de mission qui a dirigé de 1990 à 1993. Or aujourd’hui, le gouvernement compte 36 ministres composés d’un grand nombre de politiciens et de très peu de technocrates. Il s’agissait pour le président de la République d’exprimer sa gratitude aux hommes qui l’ont aidé à conquérir le pouvoir. C’est connu qu’avec le refus de Laurent Gbagbo de céder démocratiquement le pouvoir au président élu, Ouattara a dû solliciter l’appui de nombreux partenaires et alliés en vue de venir à bout du dictateur frontiste qui s’accrochait au pouvoir. Après le 11 avril, Ouattara, qui est un homme rigoureux et méthodique, a dû piétiner ses propres principes pour nommer ministres certaines personnes qui ont à peine le Bac. Il a récompensé le militantisme de la première heure. On l’a vu lors des législatives, quand la Cei a réclamé la profession des postulants, des ministres ont marqué sur les fiches de candidature: « Profession : ministre ». Ce sont des choses à revoir pour le gouvernement à venir. Que chaque titulaire de portefeuille ministériel ait un minimum de connaissance et une expérience dans son domaine. Koné Bruno, ministre des Ntic, en sa qualité d’ancien patron de Côte d’Ivoire Télécom est très à l’aise dans son département. C’est pareil pour Maurice Bandama, homme de Lettres et Grand Prix littéraire d’Afrique noire qui est bien calé à la Culture. Il en est de même pour le Professeur de médecine, N’Dri Yoman au ministère de la Santé… C’est vrai qu’on peut nommer des personnes non qualifiées et leur demander de s’entourer de techniciens pour faire le boulot, mais cela ne marche bien en général que dans les pays développés où il n’y a pas grand-chose à faire. Mais là encore, ce ne sont que des énarques qui ont une connaissance globale de tous les grands sujets qui sont nommés. Sous les tropiques, tout est à penser ou à repenser. Il faut donc des hommes et des femmes qui peuvent penser et concevoir, avant que les techniciens des cabinets n’interviennent sur les dossiers. C’est vrai qu’il y a certains ministres qui n’ont pas fait de très grandes études, mais qui ont la maîtrise du terrain. Pendant les huit mois de gestion, le président Ouattara a vu tous ses collaborateurs à l’œuvre. Il connaît donc les self-made-men, travailleurs et rigoureux. Il connait également les ministres spécialistes de pot-de-vin qui attribuent les marchés dans l’opacité totale aux personnes de peu de vertu. Il connaît également les ministres qui, depuis une décennie, sont membres du gouvernement et n’ont plus de challenge à relever. 10 ans comme ministre, ça n’a rien de motivant. On finit par s’ennuyer et se croire indéboulonnable ou intouchable. Maintenant qu’il a récompensé tout le monde et fait octroyer des postes de parlementaires à nombre d’élus, il ne doit plus rien à qui que ce soit. Sauf au peuple ivoirien qui l’a élu (Sic).
Les Ivoiriens attendent le nouveau gouvernement qui va construire la nouvelle Côte d’Ivoire. Les défis sont trop immenses pour donner des postes ministériels comme cadeau pour service rendu. Au lendemain de la formation du prochain gouvernement, Fraternité Matin doit pouvoir imprimer ces affiches de l’époque de Houphouët-Boigny où chaque ministre était présenté avec son CV et son expérience. Pour que la Côte d’Ivoire devienne un pays émergent à l’horizon 2020 comme annoncé par le président de la République à la tribune des Nations Unies, ça doit commencer par le gouvernement à former.
Traoré M. Ahmed

Source:L'expression

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Publié dans Diplomatie

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