Communiqué du Capitaine ALLA Kouakou sur les évènements de Daoukro et Toulepleu

Publié le par sethkokohongrie

 
Léon ALLA Kouakou (ph)

 
Léon ALLA Kouakou (ph)

COMMUNIQUE RELATIF aux évènements de Daoukro, Toulepleu, au recrutement de miliciens dans l'Armée et à l'entrave à la liberté de circulation des Forces Onusiennes.

Daoukro

Les mardi 22 et mercredi 23 février 2011, des marches et sit-in sont organisés à travers la ville par la jeunesse du RHDP. Les manifestants sont encadrés par les gendarmes. On n'enregistre aucun incident.

Le jeudi 24 février, des discussions entre d'un côté le Sous-préfet de la localité et le Commandant d'Escadron de Gendarmerie et de l'autre, les organisateurs des manifestations ont lieu. Les Autorités obtiennent la suspension des manifestations l'après-midi du même jour.

Mais contre toute attente, aux environs de 10 heures, le Lieutenant Colonel OKOU Diby, Commandant en second de l'Ecole Nationale des Sous-officiers d'Active (ENSOA), intervient avec un détachement de soldats qui tirent à balles réelles, à l'approche des manifestants pour les disperser.

La jeunesse du RHDP, n'ayant pas fait la différence, accuse la Gendarmerie. La réaction des jeunes ne se fait pas attendre : les domiciles des gendarmes sont saccagés.

Vers 12 heures, deux (02) gendarmes de l'Escadron, de repos chez eux, rendent compte au Lieutenant HIEN Jacques de la présence d'une foule devant leur domicile.

Accompagné de quelques gendarmes, l'Officier se rend sur les lieux.

Alors qu'il tentait de calmer les manifestants, Le Maréchal Des Logis ZADI Gohourou surgit en arme dans un pantalon treillis et un tee-shirt de ville, et ouvre le feu. Le Lieutenant HIEN se dirige vers lui en lui intimant l'ordre de cesser le tir. Mais trop tard, le doigt encore sur la détente, ZADI Gohourou tire sur son chef. Atteint grièvement, l'Officier s'écroule. Les manifestants aident les gendarmes à le transporter à l'infirmerie de la garnison. Heureusement, au moment où je vous parle, ses jours ne sont pas en danger.

toulepleu

Dans la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 février 2011, après leur cuisant échec à Bin-Houyé et Zouan-Hounien, les mercenaires libériens et miliciens guérés, à la solde de Monsieur Laurent GBAGBO, franchissent une autre étape de leur barbarie.

En effet, accusant les Forces de Défense et de Sécurité qui n'ont pas voulu s'associer à l'attaque qu'ils ont planifiée sur Bin-Houyé et Zouan-Hounien. Un des mercenaires libériens tire à bout portant sur le Sous-lieutenant ZOUZOUKO Jean-Marie, Chef du détachement des FANCI. Ce dernier s'écroule et meurt.

Au même moment, une autre bande de mercenaires et miliciens s'attaque au camp de la Gendarmerie. Les gendarmes sont désarmés, déshabillés et leurs domiciles saccagés et pillés. Certains n’ont pu rejoindre Bloléquin qu’en empruntant des pistes.

Le Premier Ministre, Ministre de la Défense, adresse ses sincères condoléances aux Forces de Défense et de Sécurité et à la famille du défunt, le Sous-lieutenant ZOUZOUKO Jean-Marie, ainsi qu'à tous ses amis et connaissances.

En ce moment précis, à Toulepleu, miliciens et mercenaires libériens sont en tenue de gendarme. Ceux-ci pourchassent et assassinent les allogènes Yacoubas vivant dans leurs campements ou champs dans les zones de Toulepleu et Bloléquin.

En outre, Le Premier Ministre, Ministre de la Défense, informe la communauté nationale et internationale des évènements suivants :

Important recrutement des rangs des miliciens formés. Ainsi :

Cent quatre (104) miliciens issus des rangs du FLGO (Front de Libération
du Grand-Ouest) ont été affectés au BASA

Cent (100) miliciens au 1er Bataillon d'Infanterie d'Akouédo.

Cent (100) miliciens au 1er Bataillon Blindé.

Cent (100) miliciens au 1er Bataillon de Commandos Parachutistes (BCP)

Les manifestants du RHDP blessés et admis dans les cliniques pour y recevoir
des soins, sont retirés pour être assassinés. Par exemple, le 07 février 2011, après l'intervention brutale du GSPR à Abobo, trois (03) jeunes, blessés par balle et conduits à l'hôpital Houphouët-Boigny de ladite commune ont été enlevés sur instruction du Colonel OBOU Gado, Commandant de la première légion mobile de la Gendarmerie. Ces derniers ont été conduits à l'HMA, endroit plus sécurisé, selon eux. Mais Deux (02) d'entre eux succomberont, faute de soins.

Des actes similaires ont été constatés le vendredi 25 février 2011 à Yopougon.

Entrave à la libre circulation des Forces Impartiales et agressions
contre celles-ci.

En effet, suite à la campagne haineuse effectuée par BLE Goudé à travers certaines communes d'Abidjan, notamment Yopougon et Cocody, des barricades sont dressées à travers la ville d'Abidjan.

Les Forces Impartiales de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire, sont particulièrement visées. Elles sont même agressées.

Pourtant, c'est bien grâce à ces Forces Impartiales que des tournées politiques de toutes sortes, par tous les partis politiques, ont pu s’effectuer à travers tout le pays, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, depuis la signature de l’Accord politique de Ouagadougou jusqu’au 2ème tour de la présidentielle.

COUVRE-FEU

Le Premier Ministre, Ministre de la Défense, porte à la connaissance des populations ivoiriennes que, tout comme ceux autrefois décrétés, celui annoncé hier 25 février, est nul et de nul effet.

A ce stade de son communiqué, le Premier Ministre, Ministre de la Défense, se tourne vers les Gendarmes :

Officiers, Sous-officiers de la Gendarmerie Nationale,

Votre devise : Pro Patria, Pro Lege : Pour la Patrie et Pour la Loi.

Vous êtes Officiers ou Agents de Police Judiciaire. Votre raison d’être, ce sont les populations. Sans elles, il n’y a ni Patrie, ni Loi. Ces populations sont victimes de la barbarie d’un clan.

Elles sont lâchement assassinées chaque jour.
Or, votre mission consiste à les protéger. Certains de vos chefs vous demandent de demeurer neutres car la Gendarmerie Nationale ne doit pas se mêler des problèmes politiques. Mais, dans le même temps, ces mêmes chefs encouragent le massacre des populations civiles par une poignée d’entre vous appuyée de miliciens et mercenaires.

« Situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, donc attitude exceptionnelle ; agir ni trop tôt ni trop tard, mais au moment opportun », l’avez vous appris dans vos écoles.

Ce moment opportun, c’est maintenant.

Non, Gendarmes de la République de Côte d’Ivoire, Commissaires, Officiers et Sous-officiers de la Police Nationale, Officiers, sous-officiers et militaires du rang des Forces Terrestres, de la Marine Nationale et des Forces Aériennes,

Laurent GBAGBO n’a pas le droit de sacrifier la Côte d’Ivoire, ses vaillantes populations et les Forces de Défense et de Sécurité formées pour veiller sur elles.

Au cours du rassemblement avec son personnel de ce samedi 26 février 2011, le Chef d’Escadron ABEHI Jean Noël, commandant le Groupe d’Escadron Blindé (GEB) de la Gendarmerie, a instruit ceux qui ont des parents à Abobo, de leur demander de sortir de ce quartier, car a-t-il décidé de venger les miliciens et mercenaires qui y sont tombés lors des différents affrontements avec la population dans cette commune.

Aussitôt dit, il a mis en route quatre (04) engins blindés dont celui baptisé « Gon COULIBALY) à destination d’Abobo.

Le moment venu, cet Officier rendra compte de tous ses actes à la Nation toute entière.

Officiers, sous-officiers des Forces de Défense et de sécurité,

Il y a eu trop de tueries. Ca suffit.

Je vous demande de vous activer pour vous associer au Peuple de Côte d’Ivoire en vue de mener sa révolution.

Fait à Abidjan, le 26 février 2011

P/leMinistre de la Défense
Le Porte-parole
Capitaine Léon ALLA Kouakou

  SOURCE /  KOACI.COM

Publié dans News Abidjan

Commenter cet article