Conclave des Forces nouvelles à Bouaké/ Guillaume Soro à la clôture : « Je ferai tout pour accélérer le parti unifié»

Publié le par sethkokohongrie

PM SORODans son discours de clôture du conclave qui s’est déroulé le week-end passé, le secrétaire général des Forces Nouvelles a promis de s’impliquer dans la mise en place d’un parti unifié avec le Rhdp.

Mesdames et messieurs du directoire politique des Forces Nouvelles, mesdames et messieurs du cabinet du secrétaire général des Forces Nouvelles, honorables chefs coutumiers, distingués chefs religieux, mesdames et messieurs de la société civile.

Mesdames et messieurs,
Ce jour, je voudrais commencer comme à l’accoutumée par consacrer mes premiers mots à saluer tous les participants à ce conclave. Je salue les cadres civils, les membres du gouvernement, les membres des différentes entités. Je salue le directoire politique, les membres du cabinet, les délégués généraux. Je les salue pour leur contribution et surtout pour l’animation des commissions. La qualité des débats, des échanges et des argumentaires développés ont permis de faire des observations pertinentes. Le président du comité d’organisation, le président du comité scientifique et les présidents des différents comités ont pu nous tenir informés même tardivement de l’état d’avancement des discussions et des débats. Je me réjouis que les débats aient été empreints de convivialités même si quelquefois, et c’est la nature humaine, certains ont été houleux.

Les débats ont été
conviviaux et houleux

C’est la confrontation des idées, c’est la démocratie. Et l’apprentissage de la démocratie passe nécessairement par des opinions contradictoires. Je voudrais saluer les populations, les jeunes, les femmes, les religieux, les chefs traditionnels et la société civile. Leur soutien inestimable a fortement contribué au succès de notre conclave.

Mesdames et messieurs,
Permettez-moi, à présent, de passer en revue les recommandations de notre conclave. Je m’engage, en ma qualité de secrétaire général des Forces Nouvelles, à faire en sorte qu’elles soient appliquées. La Commission restructuration a posé et obtenu la mise en place d’un comité de restructuration. Ceci, de mon point de vue, s’avère nécessaire, pour ne pas dire indispensable. Bien entendu, les différentes mutations politiques, les différents changements, nous imposent de nous adapter à l’air du temps. C’est pourquoi, dès la semaine prochaine, je désignerai le président du comité de restructuration et les membres dudit comité pour que, sans délai, la réflexion puisse être entamée. Evidemment, le contexte politique ivoirien actuel est celui-ci : la Côte d’Ivoire comme le reste du monde ne peut ramer à contre-courant des aspirations des peuples. L’aspiration des peuples, aujourd’hui, c’est la démocratie. En témoignent les évènements dans le monde arabe et dans d’autres parties du globe terrestre. Le peuple de Côte d’Ivoire ne peut pas rester en marge de cette réelle aspiration. C’est pourquoi, nous devons tous nous inscrire, sans hésitation, dans le sens de l’histoire, dans la démocratisation de notre pays, partant de toutes les institutions et organisations.
Aujourd’hui, la question du parti unifié que vous avez évoquée dans les recommandations est aussi une forte aspiration du peuple ivoirien. Qui n’a que trop souffert des tribulations, des décennies durant, des hommes politiques. C’est pourquoi la stabilité viendra dans notre pays et sera consolidée quand les acteurs politiques, eux-mêmes, prenant conscience de cette aspiration, iront dans le sens de l’union, du rassemblement. Et, nous le souhaitons de toutes nos forces. En application de cette recommandation, je prendrai personnellement mon bâton de pèlerin pour aller à la rencontre de nos aînés, en vue d’obtenir une marche accélérée vers la création de ce parti unifié. C’est pourquoi, je veux vous inviter à méditer les propos du Fpi qui affirmait, il n’y a pas si longtemps, en parlant de la guerre des héritiers d’Houphouet, que c’est elle qui a permis la prise du pouvoir par le Fpi. C’est pourquoi, même s’il n’est plus question d’un héritage, il faut bien comprendre que le Fpi est à l’affût des prochaines divisions de la coalition qui a gagné les élections, pour s’arrimer en vue de constituer une opposition forte. En ce qui concerne les législatives, les Forces Nouvelles doivent, évidemment, le conclave l’a recommandé, s’arrimer, parler, partager avec ses alliés naturels la même ambition d’une institution forte par excellence, l’Assemblée nationale. Aussi, voudrais-je vous inviter tous, sans exception, à mettre les intérêts nationaux au devant des intérêts personnels. La gestion des législatives doit se faire dans un véritable cadre de partenariat avec nos alliés naturels. Je m’engage à faire en sorte que ceci puisse aboutir. En ce qui concerne la Commission des finances, la dissolution de la Centrale me semble être un acte majeur dans la normalisation de la vie de la nation ivoirienne et de la réunification totale de notre pays. Le ministre Dosso Moussa est chargé de faire en sorte que cette dissolution soit effective et que cette dissolution soit faite dans un cadre harmonisé et se dérouler sans heurts, ni frustration.

Il faut s’adapter à l’air du temps

En ce qui me concerne, je parlerai en ma qualité de Premier ministre avec le président de la République de la nécessité de faire en sorte que les préoccupations, sommes toutes, légitimes des uns et des autre soient prises en charge et réalisées. L’administration du territoire n’aura pour interlocuteur que le secrétaire national chargé de l’économie et des finances.

Mesdames et messieurs,
Voici les quelques commentaires que je me suis permis de faire suite à la lecture des conclusions du conclave. A présent, je voudrais m’adresser aux populations ivoiriennes. Je sais que l’une des préoccupations demeure la question de la sécurité. Dans nos hameaux, villages, villes et métropoles, les problèmes de sécurité se posent. Le gouvernement en a longuement discuté. Nous-mêmes, à plusieurs reprises, avons été saisis. C’est pourquoi, je veux lancer un appel aux militaires, aux gendarmes et aux policiers de faire leur travail et assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire. Car, il ne peut y avoir de vrai développement sans une sécurité de qualité. C’est pourquoi dès la semaine prochaine, moi-même et le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, le ministre-délégué à la Défense, le ministre de l’Economie et des Finances, ferons une tournée. Pour installer les nouveaux promus, les commandants de légion, les préfets de police, la douane sur l’ensemble du territoire, à commencer par l’Est. Je demande prestement aux cabinets du secrétaire général des Forces Nouvelles de se mettre en rapport avec les uns et les autres pour préparer cette tournée, en vue d’apporter plus de sécurité aux populations. Cette sécurisation doit se faire en parfaite harmonie avec les populations. Elles ne doivent plus voir les gendarmes et les policiers comme des ennemis mais bien plus comme des partenaires pour lutter contre le grand banditisme. Enfin, à l’attention de nos populations, et vous l’avez évoqué dans les conclusions du conclave, il faut un vrai plan de développement. Toutes ces régions qui sont si en retard du fait de multiples raisons doivent bénéficier de façon prévenante de l’attachement de l’Etat de Côte d’Ivoire. Nous prenons l’engagement de faire en sorte que le gouvernement inscrive la question en priorité dans ses ordres du jour. Mais je suis venu à Bouaké. J’ai vu Bouaké. Et je pense que les efforts de la dynamique enclenchée par le gouvernement doivent se prolonger jusqu’à Bouaké et au-delà. C’est pourquoi, dès mon retour, j’inviterai les membres du gouvernement à se rendre dans toutes les régions du pays. J’inviterai particulièrement Madame le ministre de la Salubrité urbaine à venir à Bouaké et au-delà pour apporter la propreté aussi dans nos régions.

Mesdames et messieurs,
Voici les quelques mots que je voulais vous adresser. Et, pour terminer, je voudrais inviter le comité de restructuration à inscrire dans les propositions à nous soumettre, la question de la date du 19 septembre 2002, date de naissance du mouvement militaro-politique, devenu Forces nouvelles. Cette date, à mon sens, devrait constituer comme une sorte d’institution pour les Forces nouvelles. Aussi, on pourrait donner à la date du 19 septembre 2002 qui est à venir, dans quelques jours, un aspect politique important. Il revient aux Forces nouvelles elles-mêmes d’indiquer le chemin. Le 19 septembre 2002, c’est le nôtre, c’est le vôtre. Et c’est ensemble que nous devons l’instituer. Voici mesdames et messieurs, j’espère n’avoir pas été trop long et avoir contribué cependant à éclairer ces quelques questions qui nous ont parues d’importance.

Je vous remercie

Guillaume Soro en conférence de presse :
«Nos cadres ont la carrure pour devenir député»

Au terme du conclave, Guillaume Soro a eu un entretien avec la presse.


C’est le premier conclave certainement le plus important, après que la démocratie a été instaurée. Quel sentiment vous anime en ce moment ?
Disons que c’est mon premier séjour à Bouaké après la chute de l’ancien régime. C’est avec beaucoup d’émotion que je me suis retrouvé ici. Mais aussi avec beaucoup de joie de revoir des visages qui me sont connus. Des personnes avec qui j’ai partagé des moments d’importance, chargés d’émotion. Donc je suis très heureux d’être ici à Bouaké. Nous avons travaillé dans le cadre de ce conclave nuit et jour, pour aboutir aux résolutions que vous voyez. Je pense que c’est un tournant et cela me rappelle le même tournant que nous avions pris en 2007 en allant à Ouagadougou pour signer un accord politique important qui , on peut le dire aujourd’hui, a amené la Côte d’Ivoire aux élections. Ces élections se sont déroulées dans de très bonnes conditions. Nous avons non seulement mis notre foi, mais aussi notre énergie pour que ces élections aient lieu. Elles ont eu lieu. Et, évidemment nous avons tenu à faire en sorte que pour une fois, le résultat de ces élections soit reconnu. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire vit des temps nouveaux. Je souhaite que ceci aide à la consolidation de la démocratie dans le contexte nouveau que le président de la République a initié. Donc ce conclave est d’actualité. Il est dans l’air du temps. Il va accompagner les Ivoiriens, les institutions vers l’enracinement de la démocratie mais aussi vers la normalisation de notre pays.

Vous avez parlé de l’alliance naturelle que les Forces nouvelles pourraient avoir avec vos alliés politiques. Pourriez-vous être plus précis ?
Il y a eu la coalition du Rhdp pour aller aux élections, vous vous souvenez. Et, nous avons été maître du jeu électoral. Il fallait départager les uns et les autres. Nous avons à l’époque demandé à tous les cadres, membres des Forces nouvelles d’observer une neutralité stricte. Ces élections ont eu lieu. Il y a eu un vainqueur. Evidemment, vous connaissiez la situation après les élections. Où le vaincu, comme nous l’avions souhaité, n’a pas malheureusement voulu céder le pouvoir. Cela a créé une situation nouvelle.
Et, autour donc de cette situation nouvelle, des alliances se sont tissées. Il y a eu le blocus du Golf. Nous avons été ensemble avec le Rhdp pour constituer ce qu’on appelle le G8 qui se battait pour la démocratie.
Aujourd’hui, nous considérons que les idées novatrices, au-delà même de l’espoir, mais de l’espérance que nous souhaitons pour les Ivoiriens, il faut sortir des querelles politiciennes. Et, sortir des querelles politiciennes, c’est amener les hommes politiques au-delà de leurs intérêts personnels, à regarder l’intérêt national. C’est pourquoi j’ai invité le Rhdp, les Forces nouvelles, l’Upci de Gnamien Konan à faire alliance. Et, c’est cela qui va sauver la Côte d’Ivoire.

Vous avez dit que votre mouvement ne peut pas devenir un parti politique. Mais il présentera quand même des candidats aux législatives et aux municipales. Quelle sera alors la nature de ce mouvement ?
Nous n’avons jamais été un parti politique. Nous avons été un parti militaro-politique. Nous avons simplement constaté que la branche militaire n’existe plus. Elle est maintenant intégrée à l’armée nationale dite Forces républicaines de Côte d’Ivoire. Il reste la branche politique. Et, nous ne voulons pas rentrer dans les intrigues politiciennes. C’était si beau et si simple de rester mouvement politique. Nous voulons garder ce statut. Evidemment, ce ne sont pas seulement des partis politiques qui proposent des candidats aux élections législatives. Les personnalités indépendantes peuvent décider d’y aller. Des groupes d’intérêt également. Ce que nous disons, c’est simplement que les Forces nouvelles trouvent l’encrage parfait, synchronisé avec les partis du Rhdp, le Rdr, le Pdci, le Mfa, l’Udpci et l’Upci pour aller aux élections. Il est évident que bien des cadres politiques du mouvement ont l’envergure, la carrure, la stature pour devenir député. Comme certains sont membres des différentes institutions que vous connaissez. Il y a quelques mois, l’ancien président de la Cour suprême était encore l’intérimaire du secrétaire général des Forces nouvelles. Il y a des valeurs au sein des Forces nouvelles que nous mettons au service de la Bceao, donc de la sous-région.Des cadres des Forces nouvelles peuvent servir à l’Assemblée pour y enrichir les débats. Pour enrichir sa coloration. Maintenant, comme nous ne sommes pas un parti politique, nous verrons avec nos aînés, Bédié et les autres, quelles sont les places qu’ils peuvent nous faire dans cette assemblée.

Propos recueillis par Allah Kouamé à Bouaké

Nord-Sud

Une vidéo de Seth Koko pour votre réflexion du jour  


 

 

 

Inscrivez-vous dans la newsletter et Soyez le premier à visualiser nos prochaines

Publié dans Afrique News

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article