Côte d'Ivoire : nouvelles violences à Abidjan entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara

Publié le par sethkokohongrie

De nouveaux combats ont eu lieu le 26 février dans le quartier d'Abobo à Abidjan, que les familles fuyaient après une semaine d'affrontements. Selon des témoins, les tirs ont repris en début d'après-midi aux environs du secteur PK-18, au coeur de la zone des combats qui ont transformé en champ de bataille, ce quartier nord favorable à Alassane Ouattara. Dans la soirée le calme n'était pas véritablement revenu.

 

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Après deux jours de répit marqué par l’exode de milliers de ses habitants, Abobo a été une nouvelle fois le théâtre de scènes de guerre avec de violents échanges de tirs le 26 février dans l’après-midi. Des renforts des forces de défense et de sécurité sont remontés sur cette zone avec l’objectif d’en finir avec le commando d’insurgés qui contrôlent les quartiers nord-ouest de cette commune pro-Ouattara.

 

Une certaine tension régnait également à Yopougon. Selon plusieurs sources sur place, des coups de feu ont été entendus dans ce fief de Laurent Gbagbo et l’incendie partielle d’une mosquée vendredi a provoqué la colère des militaires d’Alassane Ouattara et inquiétude des autorités de la communauté musulmane.

Par ailleurs, les jeunes patriotes continuent d’appliquer le mot d’ordre d’obstruction des véhicules de l’Onuci lancé par leur leader Charles Blé Goudé. Ce samedi, alors qu’ils n’étaient qu’une vingtaine à s’être regroupés devant une caserne de casques bleus, ces partisans du pouvoir en place ont réussi à faire reculer deux blindés des Nations unies.

Enfin, l’ONU tout comme les soldats français de l’opération Licorne doivent désormais composer avec la décision du gouvernement de Laurent Gbagbo de leur suspendre les ventes de carburants. Selon une bonne source, cette mesure ne devrait pas avoir de conséquences majeures pour les forces internationales car celles-ci ont déjà fait des stocks et possèdent des lignes d’approvisionnements depuis le nord du pays.

La stratégie de l'Onuci

A Abidjan, par deux fois vendredi et samedi des blindés de l'Onuci ont fait demi-tour alors qu'ils étaient bloqués par des jeunes patriotes. Alors quelle sera la stratégie de l'Onuci lorsqu'elle fera l'objet d'obstructions dans ses mouvements ?

Pour Hamadoun Touré, porte-parole de l'Onuci : « Les casques bleus ne seront jamais en situation de confrontation avec les populations. C’est une sacro-sainte loi chez nous. Nous sommes là pour protéger les populations et non pour les agresser. Par le passé, nous avons eu à avoir à faire à des obstructions et à des obstacles que nous avons réussis à surmonter et nous allons faire de même cette fois encore ».

Mais concrètement en cas de blocage, l’Onuci fera-t-elle demi-tour ? La réponse de Hamadoun Touré est claire :

« Je ne peux pas vous dire ce que nous ferons. Ce sera au cas par cas, et cela dépendra du commandant de la patrouille. Il y a le jugement, il y a la mission à signer. Il y a également le respect sacro-saint des populations. Nous remplissons notre mission de protection des populations civiles en rappelant que la responsabilité première de la protection des populations civiles est du ressort des forces ivoiriennes elles-mêmes. Je ne fais que rappeler le droit international humanitaire. Nous, ce que nous faisons c’est que nous contribuons à la sécurisation des populations, et cela, nous le faisons très bien. Il est vrai que nous ne pouvons pas être partout parce que nous n’avons pas les ressources humaines suffisantes mais avec l’arrivée prochaine des 2 000 casques bleus supplémentaires et avec également l’acquisition des hélicoptères appropriés, on verra une différence entre notre façon de protéger les populations».

par ailleurs, les affrontements se poursuivent aussi dans l'ouest du pays, où les forces loyalistes tentent de repousser des insurgés dans plusieurs localités. En revanche, le calme semble revenu à Yamoussoucro, la capitale administrative de la Côte d'ivoire.

source RFI

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