Des juifs de gauche lancent un appel à la raison à Israël

Publié le par sethkokohongrie

9.jpgQuelque 450 personnes se sont réunies lundi soir à Bruxelles au Parlement européen autour de Daniel Cohn-Bendit, Bernard-Henri Levy, David Chemla ou Zeev Sternhell pour expliquer leur motivation à signifier leur désaccord avec la politique israélienne.

Des membres de plusieurs associations juives européennes se sont retrouvés lundi 3 mai au Parlement européen à Bruxelles pour expliquer pourquoi ils ont signé JCall, un "appel à la raison" adressé aux Israéliens alors que le gouvernement actuel "poursuit de façon ininterrompue les constructions dans les colonies de Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est".

Les différents intervenants, au premier rang desquels Daniel Cohn-Bendit, Bernard-Henri Levy, Avi Primor ou Zeev Sternhell ont, pour la plupart, à la fois défendu leur choix de signer cet appel mais aussi répondu aux différentes critiques qui sont nées tant à gauche qu'à droite contre cet appel.

"Chaque mort est un mort de trop" a souligné David Susskind, président d'honneur du Cercle communautaire juif laïc de Bruxelles, soutenu par le militant de la paix Ofer Bronchtein qui a martelé: "Notre échec, c'est la guerre. Alors nous ne pouvons pas échouer".

"Mettons fin à l'occupation (…) si ce n'est pas maintenant, quand cela sera-t-il possible?", a mis en garde David Susskind en introduction de la conférence, très applaudi par la salle.

 

Colonisation

Une inquiétude relayée par tous. Ainsi David Chemla, président de La Paix Maintenant, cheville ouvrière du texte, a souligné "le risque de voir la solution de deux Etats vivant côte à côte impossible à mettre en place dans les prochaines années". Car, dit-il, "vue l'imbrication des colonies dans le territoire palestinien, il sera de plus en plus difficile de créer un Etat palestinien viable".

Pour l'historien Zeev Sternhell, "les territoires conquis en 1967 sont non seulement inutiles à Israël mais sont devenus dangereux. Ce que nous voulons c'est un pays débarrassé du fardeau de la colonisation" a-t-il affirmé.

 

Espoirs

Répondant à la principale critique des non signataires juifs qui reprochent à JCall de ne pas respecter Israël en tant que démocratie en prenant ainsi la parole, David Chemla a indiqué que "si la nation israélienne décidera seule de son sort, cela n'empêche pas les juifs de diaspora de s'exprimer".

Des messages d'espoir ont aussi été diffusés lundi soir alors que des négociations doivent reprendre au Proche-Orient entre Palestiniens et Israéliens mercredi 5 mai.

" Si à l'angoisse nous répondons par la raison, alors nous aurons peut-être un peu d'espoir", a ainsi souligné l'ancien ambassadeur israélien en France Elie Barnavi, qui a indiqué que l'appel lancé est "aujourd'hui une nécessité historique".

 

"Construire ensemble"

Daniel Cohn-Bendit a pour sa part rappelé que "la haine en 1945 entre les Français et les Allemands n'était pas moindre et nous avons pu construire ensemble". "Mais cela ne marchera que si Israéliens et Palestiniens limitent leur rêve", a ajouté le député européen. Une opinion partagée en partie par Bernard-Henri Levy qui a souhaité que cet appel ne soit qu'"un début".

JCall, qui se réclame de la démarche de JStreet, le lobby américain qui défend la politique de Barack Obama au Proche-Orient, prévoit de se développer au-delà de cet appel.

Alors que les partis de gauche israéliens sont en panne et ne représentent plus les Israéliens qui continuent de défendre, sondage après sondage, la solution de deux Etats pour deux peuples dans la région, cette voix a trouvé le chemin de la diaspora juive de gauche pour s'exprimer. Rien ne garantit qu'elle soit seulement entendue.

Publié dans News inter

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