Election présidentielle - Voici ce que Gbagbo, Compaoré et le Rhdp ont dit à l’Onu

Publié le par sethkokohongrie

Le président (Laurent Gbagbo) a souligné qu’il souhaitait la tenue d’élections dès que possible, à condition qu’elles soient transparentes et crédibles. Il a ajouté que l’Accord de Ouagadougou continue d’être le cadre approprié pour résoudre la crise ivoirienne, s’est déclaré convaincu que celle-ci avait été résolue à 80% et a demandé que l’Onuci persévère dans la voie qu’elle s’était tracée en continuant d’aider à la résolution des 20% d’éléments restant encore en litige, en particulier en ce qui concerne le désarmement et la réunification, afin de garantir des élections libres et justes (…). Le Président et son parti (le Fpi) ont souligné qu’en dépit des concessions, il était souvent accusé injustement d’entraver le processus de paix et de retarder les élections. En outre, en adoptant les résolutions précédentes dans lesquelles il était critiqué, la communauté internationale avait pris soin d’éviter de rappeler qu’il avait été élu à la suite d’élection libre et équitable en octobre 2000, et que la crise actuelle avait été déclenchée par une tentative de coup d’Etat lancée à partir de l’extérieur, à peine deux ans après le début de son mandat. Tentative s’étant soldée par un échec, elle avait dégénéré en rébellion”. Cette déclaration, qui livre sans équivoque la position du chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, sur la tenue de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, est contenue dans le 24ème rapport du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, sur l’ONUCI et la situation en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo et le camp présidentiel veulent des élections présidentielles dès que possible. C’est-à-dire lorsque les conditions pour la tenue du scrutin seront possibles conformément à l’Accord politique de Ouagadougou. Un accord dont 80% des étapes édictées sont réalisées. Ban Ki-Moon le souligne également dans ce pan de son rapport, Laurent Gbagbo veut des élections transparentes et crédibles. Pour cela, il faut une liste électorale propre. Dans son rapport rendu public le 20 mai 2010, qui prend en compte les principaux événements survenus en Côte d’Ivoire du 7 janvier 2010 au report de la marche du Rhdp initialement prévue pour le 15 mai 2010, le secrétaire général de l’Onu met à nu également la position du Rhdp, opposition ivoirienne non armée, sur la tenue de la présidentielle. Ouattara et le Rhdp tentent de manipuler l’Onu “(…) A cet égard, M. Ouattara (Alassane) a exprimé l’avis que le Conseil de sécurité devrait fixer le mois d’octobre 2010, qui marquera la dixième année du mandat du Président Gbagbo, comme date limite pour la tenue de l’élection présidentielle. Il a estimé que si cette date limite n’était pas respectée, le Conseil devrait exiger que le Président démissionne”, écrit Ban Ki-Moon dans son rapport à propos de la position d’Alassane Dramane Ouattara, président du Rdr et membre du Rhdp, sur la date de l’élection présidentielle. Comme on le voit Ouattara tente de manipuler l’Onu, puisqu’il se garde d’évoquer les circonstances qui ont engendré la situation politique que gère le Président Gbagbo depuis septembre 2002, alors que son premier mandat devrait légalement prendre fin en octobre 2005. Même son de cloche pour le Rhdp, selon Ban Ki-Moon. Ce mouvement d’opposition accuse à tort Laurent Gbagbo de retarder le processus de sortie de crise. Voici ce qu’en dit le secrétaire général de l’Onu : “les partis politiques d’opposition ont présenté l’historique de l’évolution de la crise ivoirienne et des mesures prises par le Conseil de sécurité et ont affirmé que le Président et le parti au pouvoir avaient délibérément reporté les élections à plusieurs reprises depuis 2005 afin de rester en fonction au-delà de la durée prévue de leur mandat. Ils ont rappelé que, dans sa résolution 1721 (2006), le Conseil de sécurité avait entériné la prorogation du mandat du Président Gbagbo pour une dernière période n’excédant pas 12 mois ; laquelle avait expiré deux ans auparavant. Ils ont lancé un appel au Conseil pour qu’il impose les sanctions ciblées qu’il avait prévues aux principaux dirigeants des partis politiques qui, selon eux, sont responsables des problèmes qui retardent le processus de paix, de même qu’à ceux qui sont mis en cause dans de graves violations des Droits de l’homme et dans des actes d’incitation à la violence”. Cette position du Rhdp est truffée de contrevérités d’autant que les reports successifs de la présidentielle ne sont pas le fait du camp présidentiel. Il y a que les différentes étapes devant aboutir à la tenue du scrutin et mentionnées dans les accords de Linas-Marcoussis et de Ouagadougou n’ont jamais été toutes réalisées. L’accord de Linas-Marcoussis, signé en janvier 2003, signalait le désarmement des ex-rebelles après la formation du gouvernement Seydou Diarra. Cela n’a jamais été fait, bien que ce gouvernement ait été formé. Y a-t-il un parti au pouvoir en Côte d’Ivoire ? Non, depuis la table ronde de Linas-Marcoussis (Paris), les partis politiques significatifs en Côte d’Ivoire et la rébellion armée exercent le pouvoir. La Côte d’Ivoire vit une transition politique de fait. Le programme de gouvernement appliqué (s’il existe) n’est pas celui du président élu Laurent Gbagbo. Compaoré appelle l’ONU à la sérénité C’est au su et au vu de toutes ces réalités que le facilitateur de la crise ivoirienne, le président burkinabé, Blaise Compaoré, a demandé à l’Onu de se garder de brandir des sanctions qui seraient contre-productives. Ban Ki-Moon expose la position de Compaoré et du représentant de celui-ci en Côte d’Ivoire, Boureïma Badini. “Le facilitateur a déclaré qu’à son avis, la progression vers la réalisation des objectifs définitifs de l’Accord de Ouagadougou se poursuivait et que les partis étaient toujours animés de la volonté de le mettre pleinement en œuvre. Il a estimé qu’il serait contre-productif de prendre des mesures punitives à l’égard des principaux acteurs politiques et a souligné que, dans la situation complexe que connait la Côte d’Ivoire, les progrès sont accomplis petit à petit, en exerçant des pressions subtiles et en ayant recours à la facilitation, au dialogue et aux solutions de compromis. Le représentant spécial du facilitateur a ajouté que la communauté internationale échouerait dans ses efforts si elle négligeait de reconnaître cette réalité”, écrit le Sg de l’Onu. Didier Depry ddepry@hotmail.com

Source: Notre Voie

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