Entre inquiétude et pénurie d'argent ,les Abidjanais pour l'exode citadin

Publié le par sethkokohongrie

 
 

Après la publication des décisions du panel des cinq chefs d’Etat de l’Union Africaine reconnaissant comme vainqueur de l’élection présidentielle Alassane Ouattara, Abidjan prend de plus en plus des allures de ville fantôme. Les magasins baissent progressivement les rideaux, les bus et les autres moyens de transports circulent de moins en moins, les fonctionnaires et plusieurs travailleurs du privé désertent au fil du temps leurs lieux de travail. Bref, les populations fuient en masse la perle des lagunes.

Cocody la commune la plus huppé de la capitale à perdu en deux jours tout son lustre d’antan. Les alentours des cités universitaires sont barricadés comme si on était prés à mettre en déroute les partisans de Ouattara qui tenteront de s’aventurer vers la RTI et la résidence présidentielle. Les étudiants ont jeté les stylos pour les armes de toutes sortes, patriotisme oblige. A Koumassi, à Abobo et dans plusieurs autres communes l’atmosphère est invivable au sens propre comme au sens figuré. Les morts jonches les rues, les crépitements des Ak47, des RPG troublent quotidiennement le sommeil des habitants. Les groupes d’auto défense des deux camps mènent la vie dure à des innocentes personnes.LMP et RHDP se regardent en chien de faïence.

Conséquence logique de cette ambiance de terreur, hommes, femmes et enfants tentent de se mettre à l’abri avant le début des hostilités qu’on annonce imminente. A Adjamé le spectacle est insoutenable. Les gares routières refusent du monde. Baluchons sur la tête, des familles entières errent dans Adjamé comme des zombies. Désormais pour rejoindre les ville de l’est du pays, impossible de passer comme d’habitude à Abobo, il faudra faire le détours vers l’autoroute du nord. Ainsi les coûts de transports ont dans la majorité des cas doublé. A cela il faut ajouter l’insécurité grandissante sur nos routes. Des justiciers sans vergogne dévalisent les passagers qui ont l’air d’avoir voté ADO ou Gbagbo, c’est selon.

Malgré tout, Abidjan se vide. Et bientôt il n’y aura plus personnes pour répondre au mot d’ordre du général de la rue, du ministre de l’emploi qui vient de battre tous les records en matière de lutte contre le chômage des jeunes. Bientôt, aucun révolutionnaire ne mettra sa vie en danger pour accompagner Alassane au palais. Dans tout les cas il n’y aura plus personnes à Abidjan. Bientôt il n’y aura plus de groupes d’auto défense, « car ventre affamé n’a point d’oreilles ». Bientôt nous allons laisser la perle des lagunes aux deux présidents tous seuls, ils finiront par se parler un jour. Moi je reviendrais à Abidjan quand les rebelles et les rebelles n’auront plus de munitions pour se tuer.

    source : Oiseaublanc, kaocinaute actif

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