Filière café-cacao / Ce dossier qui fait trembler la République : Les grosses victimes de la filière

Publié le par sethkokohongrie

Tape-doh.jpgQue cache-t-on au peuple ?

La frénésie qui se saisit de la République quand on évoque cette filière café-cacao, invite à des interrogations et analyses profondes. Le journaliste Guy-André Kiffer aurait disparu pour avoir osé une enquête sur la filière café-cacao. Des barons, et non des moindres, croupissent depuis deux ans à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) pour dit-on, détournement portant sur la somme de 370.000.000.000 Fcfa, sans être jugés. Voilà que depuis trois jours, des confrères de ‘‘ Le Nouveau Courrier’’ sont actuellement détenus à la DST pour avoir publié l’acte 1 de leur dossier sur la filière café-cacao. A cette allure, il y a lieu de se demander si la filière café-cacao n’est pas devenue un sujet tabou sous la refondation. Le binôme café-cacao, deux mamelles de l’économie ivoirienne qu’on dit soumettre à des reformes rigoureuses pour sa redynamisation, bat sérieusement de l’aile, parce que secouée par de nombreux soubresauts. Pourquoi la République est-elle chaque fois en transe quand quelqu’un veut lever un coin de voile sur ce qui se passe dans cette filière ? Est-ce que les 370.000.000.000 Fcfa détournés dans la filière auraient profité à certaines personnes du palais présidentiel ? Veut-on cacher des choses aux Ivoiriens dans cette affaire ? Franchement, on s’explique difficilement l’acharnement de l’appareil judiciaire sur le confrère ‘’le Nouveau Courrier’’ dont plus du quart du personnel est détenu à la DST. Pourtant, le régime FPI au pouvoir, se veut démocratique et respectueux de la liberté d’expression. Or, avec ce qu’il nous est donné de voir, le bâillonnement de la presse devient une triste réalité. Le peuple se prive ainsi de son droit à l’information par le musèlement de sa presse et les principes fondamentaux de la démocratie volent ainsi en éclat. Pourquoi ne doit-on plus dire mot sur ce qui se passe dans cette filière, au risque de se voir arrêter ? Sinon passer de vie à trépas. Qui protège qui, et pourquoi ? Les Ivoiriens ont vraiment besoin de savoir. Comme ils ont également besoin de savoir s’il y a un rapport entre l’incendie du Trésor Public, de l’Assemblée Nationale, du bureau du substitut du procureur etc. et cette filière. Et, qu’attend-t-on pour publier les résultats des enquêtes diligentées à cet effet ? Les Ivoiriens ont également le droit de savoir pourquoi, les conclusions de l’enquête menée par le juge d’instruction Joachim Gnakadé Ladji, un document de 137 pages remis au chef de l’Etat fait l’objet d’un mutisme dérangeant de la part de celui-ci. Le président Laurent Gbagbo, selon ce que nous savons, est résolument engagé dans le combat pour la moralisation de la vie publique, avec toute la détermination qu’on lui connaît. C’est à cet effet que nous ne comprenons pas pourquoi, ceux qui veulent contribuer à faire éclater la vérité sur certains dossiers, sont traqués sans que cela n’émeuve le chef de l’Etat ? Doit-on comprendre par ces intimidations et autres menaces, qu’il y a désormais dans ce pays, constituent-ils des sujets d’intérêts publics qui sont à rager dans le chapitre des tabous ? Et pourtant, la réforme de la filière a été rythmée par de nombreux scandales comme le détournement de trois cent soixante-dix milliards de F Cfa, des centaines de milliards de Fcfa pour l’achat de l’usine de café de Fulton, les dix milliards de Fcfa destinés à l’inscription des étudiants à l’Université. Tous ces scandales doivent être élucidés devant les Ivoiriens. Plus inquiétant encore est le mutisme de l’Inspecteur général des finances, M. Yapi Koffi Bernardin. Pourquoi arrête-t-on des journalistes pour leur exiger la livraison de leur source d’information, au lieu de chercher à savoir si les informations diffusées sont justes ou fausses ? S’il apparaît que les informations publiées sont avérées, alors, le confrère aurait ainsi contribué à l’éclatement de la vérité, celle que tous attendent de ce dossier. Aussi, plutôt que de les blâmer, on ferait mieux de féliciter les journalistes pour leur contribution. A l’allure où les journalistes sont baillonnés, il serait mieux d’interdire la profession de journaliste en Côte d’Ivoire et, librement, les gens feront ce qu’ils veulent.

Yann Guéamond:
Le Mandat

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