L'ONU durcit un peu plus ses sanctions contre l'Iran

Publié le par sethkokohongrie

Le Conseil de sécurité a adopté mercredi de nouvelles mesures visant à sanctionner l'Iran pour ses activités nucléaires suspectes. Téhéran a d'ores et déjà prévenu qu'il ne changerait pas son attitude.

onu-ph.jpg

Pour la quatrième fois en près de quatre ans, le Conseil de sécurité de l'ONU a sanctionné l'Iran mercredi pour ses activités nucléaires suspectes. Rédigée par les Etats-Unis et coparrainée par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, la résolution 1929 a été adoptée à 12 voix pour, deux contre et une abstention.

Le texte reprend et élargit le champ des sanctions déjà adoptées à trois reprises par le Conseil en décembre 2006, mars 2007 et mars 2008. Il prévoit notamment que l'Iran ne pourra investir à l'étranger dans certaines activités sensibles comme les mines d'uranium, et que ses navires pourront être inspectés en haute mer. Le projet interdit aussi la vente à l'Iran de huit nouveaux types d'armements lourds, notamment des chars. L'un des responsables de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Javad Rahqi, ainsi qu'une quarantaine d'entreprise et de banques sont par ailleurs frappées par des sanctions individuelles - gel des avoirs financiers et interdiction de voyager à l'étranger.

 

«Ces sanctions ne changeront rien»

Il s'agit des «sanctions les plus importantes» auxquelles Téhéran ait jamais été confronté, a affirmé la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Mais pour les spécialistes du dossier iranien, cette résolution ne devrait en rien changer la politique nucléaire de Téhéran. «A la limite, le contrôle des bateaux en mer pourrait ralentir les importations et donc affecter l'économie iranienne, mais globalement, ces sanctions ne sont pas assez handicapantes», estime Thierry Coville, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques, contacté par lefigaro.fr.

«La seule mesure qui porterait un réel coup à l'économie iranienne, ce serait un embargo sur le pétrole. Mais cela représenterait un risque énorme, dans une période de crise mondiale et de fortes tensions internationales. Donc tant que l'Iran aura du pétrole, rien ne risque de changer...»

 

Téhéran déplore «un pas incorrect»

En dépit de ce nouveau train de sanctions, la République islamique n'a d'ailleurs pas donné l'impression de céder. Cette résolution est «un pas incorrect» qui «complique encore plus la situation», a critiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast. «Rien ne va changer. Nous allons continuer nos activités d'enrichissement sans aucune interruption», a renchéri l'ambassadeur iranien à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh. «La voie de la confrontation (...) mènera à une impasse, sera un échec et aura un coût élevé et inutile pour ceux qui la choisiront», a également menacé un autre responsable du nucléaire iranien.

Paris a pour sa part indiqué que «la porte du dialogue avec l'Iran restait ouverte». Selon le ministère français des Affaires étrangères, le message adressé aux responsables iraniens est «très clair: soit l'Iran poursuit ses activités sensibles en violation du droit international et alors il devra faire face à un isolement croissant, soit il fait le choix de la coopération et accepte enfin d'engager de véritables négociations avec les Six», peut-on lire dans un communiqué. «Les sanctions ne sont pas une fin en soi. La résolution, et la déclaration des six ministres des Affaires étrangères prononcée à l'issue du vote, rappellent que nous souhaitons parvenir à une solution négociée, qui réponde aux besoins de l'Iran tout en rassurant la communauté internationale sur la finalité de son programme nucléaire.»

Source: le figaro.fr

Publié dans News inter

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article