Le dalaï-lama cible de cyberattaques chinoises

Publié le par sethkokohongrie

Dalai-lama.jpgUn groupe de chercheurs canadiens et américains a dévoilé, mardi 6 avril, l'existence d'un important réseau d'espionnage en ligne basé en Chine qui avait notamment dans sa mire les secrets militaires indiens ou la correspondance du dalaï-lama. Dans un rapport intitulé "Des ombres dans les nuages", ces chercheurs de l'université de Toronto décrivent "un système complexe de cyberespionnage qui a systématiquement compromis des réseaux d'ordinateurs du gouvernement, d'entreprises et d'universitaires en Inde, des bureaux du dalaï-lama, des Nations unies et de plusieurs autres pays". Ces accusations ont été rejetées depuis Pékin par le ministère des affaires étrangères.

Selon le rapport, les pirates ont mis la main sur des données provenant de dizaines d'ordinateurs, surtout en Inde, et portant sur des questions sensibles comme les systèmes de missiles indiens ou les relations sino-indiennes. Ils ont également eu accès à des informations provenant de personnes ou d'entreprises dans 31 pays. "Nous avons retrouvé un document qui semble être une correspondance diplomatique chiffrée, deux documents classés 'secret', six 'd'accès restreint' et cinq 'confidentiel'", ajoute le rapport. Les pirates ont également eu accès à des documents provenant des ambassades de l'Inde et du Pakistan aux Etats-Unis.

1 500 COURRIELS DÉROBÉS

Les chercheurs pensent que les pirates ont eu accès aux documents officiels indiens en attaquant les ordinateurs personnels de hauts responsables, et non pas ceux du gouvernement. Les pirates ont aussi volé quelque 1 500 courriels envoyés depuis le bureau du dalaï-lama, le chef spirituel des Tibétains en exil, entre janvier et novembre 2009. Les cybercriminels se servaient de sites comme Twitter, Yahoo ou Google pour infecter et prendre le contrôle à distance des ordinateurs, notamment par l'envoi de courriels contenant des pièces jointes toxiques.

Les attaques provenaient de serveurs situés à Chengdu, dans la province du Sichuan (sud-ouest), mais les chercheurs n'ont pu identifier leurs auteurs. Ce réseau d'espionnage baptisé "Shadownet" est beaucoup plus puissant qu'un premier – le "Ghostnet" – découvert l'an dernier par la même équipe et qui semblait établi dans l'île de Hainan, dans le sud de la Chine, ont dit les experts. Le premier réseau s'intéressait surtout aux Tibétains en exil.

"Nous n'avons aucune preuve de l'implication de la République populaire de Chine (RPC) ou d'un autre gouvernement dans ce réseau de l'ombre. Mais une question importante qui se pose est de savoir si la RPC va démanteler ce réseau", écrivent dans leur rapport les chercheurs liés au Centre Munk d'études internationales de l'université de Toronto.

Soucre LE MONDE

Publié dans ASIE

Commenter cet article