Le Patriote dans les secrets du huis clos

Publié le par sethkokohongrie

 

On peut être, souvent, d’accord avec la presse du FPI. « Aujourd’hui, la vérité » titrait à sa Une, l’un des quotidiens de l’ancien Chef de l’Etat. Hier, le siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba a plus que percé le mystère que ce quotidien réclame. Le Panel des chefs d’Etat de l’UA s’est donné du temps pour entendre, comprendre et décider. Les conclusions sont donc tombées. Il est vrai, pour une bonne partie de la communauté africaine, la résolution de la crise ivoirienne passe par un face-à-face Gbagbo – Ouattara. Hier, on a eu droit à un face-à-face entre deux autres protagonistes. D’un côté, face à Affi N’Guessan, président du FPI et de l’autre, le diplomate Ramtane Lamamra, chef du Groupe des Experts de l’UA. Au sortir de ce face-à-face, il : ya eu un vainqueur et un vaincu totalement groggy. La délégation d’Affi N’Guessan, représentant Laurent Gbagbo, a tenté selon des sources proches de la réunion, de travestir les faits, d’induire le Panel en erreur. Dans un long pamphlet, le président du FPI, croyant avoir affaire à cette race de « jeunes patriotes » manipulés, a lu un texte qui a fait dormir même ses supposés partisans que sont Robert Mugabe et Obiang Nguema. Affi N’Guessan a osé dire que Laurent Gbagbo n’a pas fait le déplacement à Addis-Abeba, contre son gré. Et qu’il est resté à Abidjan « en raison de la dégradation de la situation ». Le président du FPI a indiqué aux chefs d’Etat totalement médusés, que les militants LMP sont « pourchassés et tués à Abidjan ». Certains, dit-il, sont réfugiés au Mali et au Liberia pour éviter d’être massacrés et brûlés, « du fait de la barbarie du RHDP ». Il poursuit que ceux qui veulent brûler la Côte d’Ivoire ont commencé à détruire les domiciles des cadres LMP.
Sur tout un autre chapitre, Affi N’Guessan a indiqué que les conclusions du Panel des chefs d’Etat de l’UA ont été prises plutôt pour perpétrer « le coup d’Etat électoral » d’Alassane Ouattara. « Il n’est pas sûr que le retrait de Laurent Gbagbo peut ramener la paix ». « Gbagbo, poursuit-il, a gagné les élections partout en Côte d’Ivoire. Aussi bien au Nord, au Centre qu’à l’Ouest ». Affi a parlé. Les Chefs d’Etat, bien que ulcérés par ce ton très peu courtois et civilisé de s’adresser à eux, lui ont laissé tout le temps. Mais le soin est revenu au Commissaire de l’Union chargé de la paix et de la sécurité, l’Algérien Ramtane Lamamra de sonner la charge. Prenant point par point les récriminations de l’envoyé de Laurent Gbagbo, il a indiqué, d’entrée, que la cause de la crise postélectorale est le Conseil constitutionnel qui a non seulement, « outrepassé » son pouvoir mais aussi violé le Code électoral « en annulant partiellement le scrutin au lieu de procéder à une annulation totale » et en ordonner l’organisation d’un nouveau. « Il est troublant, a indiqué le diplomate, que le Conseil Constitutionnel ait « annulé plus de 600 mille voix, juste pour inverser un résultat », tout en soutenant que « les incidents intervenus n’étaient pas de nature à affecter le scrutin. Pour le diplomate, Yao N’Dré et son Conseil ont fait fausse route. En ce qui concerne le délai de trois jours qu’aurait violé la Commission Electorale Indépendante, le Groupe d’Experts du Panel a démonté cet argument spécieux. Pour eux, les représentants de LMP ont poussé expressément la CEI à ce qu’ils croient comme une « faute. Les faux arguments de LMP ont été tous, l’un après l’autre, détruits par le patron du groupe des Experts. L’Algérien a expressément choisi de parler l’anglais pour se faire comprendre, de certains membres du Panel, dont Jacob Zuma, notamment qui, a un moment donné, semblait avoir une lecture étriquée sur la crise ivoirienne. Sur les prétendues fraudes au scrutin, le rapporteur du Panel a ramené Affi N’Guessan à ses copies en lui disant que la quasi-totalité des PV ont été signés à la base par tous les représentants des candidats. Si Yao Paul N’Dré, président du Constitutionnel n’a pas répondu à l’invitation du Panel, Lamamra pourrait avoir une explication. C’est une fuite en avant comme le voleur qui fuit le Tribunal convaincu de son forfait. Avec quatre régions indexées par les requêtes de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara était toujours vainqueur. Il fallait donc annuler systématiquement d’autres régions. Ce qui fut fait.

Le débat est clos
L’Union Africaine, ont indiqué les membres du Panel, ne pouvait donc cautionner pareille forfaiture. C’est pour cela, que définitivement elle a clos le débat sur l’élection d’Alassane Ouattara. Reste maintenant de savoir les décisions qui ont été prises. Le Communiqué final sanctionnant la 265e réunion du Conseil de Paix et de Sécurité tardait à être publié. Toutefois, le draft que nous avons pu consulter reconnait en son point 2, « l’élection de M. Alassane Dramane Ouattara en qualité de Président de la République de Côte d’Ivoire ». Le Conseil de paix et de sécurité sur cette base, tout en « réaffirmant sa conviction que la crise postélectorale en Côte d’Ivoire requiert une solution politique d’ensemble », a décidé de faire des propositions détaillées en cinq points dans un document tenu encore secret. Il s’agit entre autre d’un gouvernement d’union nationale, des mesures à prendre pour le cadre institutionnel, des mesures d’apaisement et d’accompagnement. L’Union Africaine se donne encore un délai de « deux semaines maximum » afin que les négociations s’engagent entre les membres du CPC que sont Ouattara, Gbagbo, Bédié et Soro pour discuter notamment sur la formation du gouvernement.
L’Union Africaine, en outre, va désigner incessamment un Haut représentant qui sera chargé de la mise en œuvre du processus de sortie de crise, en liaison avec un Comité de suivi au sein duquel siégeront la CEDEAO et les Nations Unies. Alassane Ouattara attend donc avec impatience que Laurent Gbagbo soit visité par la raison. Pour l’Union Africaine, l’investiture du Chef de l’Etat devrait intervenir dans le délai de deux semaines par le Conseil Constitutionnel.
Déjà, dans ses habits nouveaux, le Président de la République reçoit ce matin à 9h30 le Groupe des pays du G20 à Addis-Abeba. Un peu plus tard dans la matinée, il rendra visite au Premier ministre Ethiopien Meles Zenawi avant de prendre son avion pour Abuja où il doit échanger rencontrer le Président en exercice de la CEDEAO, Goodluck Jonathan. Alassane Ouattara ira dire merci à ce grand ami de la Côte d’Ivoire qui n’a ménagé aucun effort pour que la crise postélectorale soit résolue. En deuxième lieu, le Chef de l’Etat qui a déjà plaidé auprès de l’Union Africaine pour la levée des sanctions qui frappent son pays, en ferra de même pour la CEDEAO. ADO entend participer pleinement au sommet de l’Organisation sous-régionale qui se tiendra à Abuja du 23 au 24 mars prochain. Le chef de l’Etat regagne Abidjan dans quelques jours, probablement en début de semaine.

    Source : LE PATRIOTE  Charles Sanga (Envoyé spécial)

Une vidéo de Seth Koko pour votre réflexion du jour

 

 


 

 

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Publié dans News inter

Commenter cet article

koffi 25/03/2011 20:54



Bien dit frère c'est du concret si tous les gens pouvais un refléchir comme toi je croi que le pays ne serai pas dans un éta pareil  merci



Luna 16/03/2011 14:38



Je viens tout juste de découvrir Sartre et c'est une très belle surprise : j'aime beaucoup son style nonchalant pour parler de choses (presque) tabou...


Je viens d'ailleurs de poster mon avis sur "Huis-Clos" sur mon blog...


 


Joli article, je reviendrais ;)


Bonne continuation !!