Le vrai bilan du chef de l’Etat ivoirien

Publié le par sethkokohongrie

UGTCIUne réponse en seulement quelques mots pour une question d’une importance majeure : celle relative à son bilan à la tête du pays. C’est RFI qui a permis aux Ivoiriens d’avoir une idée du bilan de Laurent Gbagbo. Question du journaliste :
« (…) Bientôt, vous allez faire campagne et il va falloir que vous présentiez un bilan. Quel est votre bilan, quel est le bilan de la Refondation après dix ans au pouvoir?»
Réponse de Gbagbo : « (…) Mon bilan est loin d’être négatif. D’abord, j’ai permis à l’Etat de résister. Il fonctionne. Et quand on dit aujourd’hui qu’on fait la réunification, c’est qu’on fait progresser l’Etat dans les régions d’où il était parti. Ensuite, sur les autres points, il y a la décentralisation. Ceux qui ne voulaient pas voter la loi sur la décentralisation sont aujourd’hui nombreux à être présidents de conseils généraux. On a fait voter la loi sur l’Assurance maladie, mais à cause de la guerre, on ne l’a pas mise en pratique». Et c’est tout. Faut-il rire de ce bilan que Gbagbo a lui-même dressé ? En réalité, non. Car en fait de bilan après une décennie passée à la tête du pays, le candidat de la Refondation n’en a pas. Ah si ! Il en a. On ne peut pas avoir dirigé un pays comme la Côte d’Ivoire et ne pas avoir de bilan. Gbagbo a donc forcément un bilan. Mais il est négatif sur toute la ligne. Il est fait de crimes de sang, de crimes économiques et de scandales en tous genres. Les uns aussi spectaculaires que les autres. Le dernier en date, une parfaite violation des droits de l’homme à fort parfum de dictature. Un jeune homme qui a osé porter des critiques sur la gestion du chef de l’Etat a été cueilli et conduit, tenez-vous bien, à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). A l’image de ce dernier, bon nombre d’Ivoiriens subissent chaque jour, des violations des droits de l’homme. Toute chose qui s’accompagne souvent de morts d’homme surtout à l’occasion des manifestations politiques. La dernière en date, sont les assassinats des militants de l’opposition à Abidjan, Gagnoa et Divo, lors des marches éclatées du RHDP pour protester conter la double dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) et du gouvernement le 12 février par Laurent Gbagbo. Le bilan est de 12 morts dont 5, dans la seule ville de Gagnoa, sa ville natale. Encore des morts. Comme en octobre 2000 avec la découverte d’un charnier de 57 corps dans la commune de Yopougon, au lendemain de l’élection de Gbagbo. Comme aussi les 4 et 5 décembre 2001 avec des morts et des blessés, ainsi que des femmes violées pendant une manifestation de l’opposition, notamment du RDR. Sans oublier les 500 morts lors de la marche des 25 et 26 mars 2004, initiée par l’opposition. Mais le pouvoir de la Refondation a ceci de particulier qu’il excelle aussi dans les scandales. Et Dieu seul sait combien on en décompte. L’on a encore en mémoire la fameuse affaire des faux billets de dollars découverts dans une résidence voisine de celle d’un baron du régime, en l’occurrence Ottro-Zirignon. Pour constater les faits, le chef de l’Etat lui-même s’est déplacé sur les lieux. La suite, personne ne la connaît. Tout comme personne ne sait ce qu’est devenue l’affaire de la pédophilie qui a secoué le Palais. Avec des soupçons sur un des membres de la garde rapprochée du chef de file de la Refondation. Et comme si cela ne suffisait pas, la Présidence a été également secouée par une autre affaire : l’escroquerie portant sur la somme de 65 millions de F CFA, au détriment d’une société de téléphonie mobile de la place. L’auteur de ce coup digne des grands films n’est personne d’autre que l’assistance particulière du chef de l’Etat, Mme Gnohité. Après avoir été condamnée à une peine de cinq ans de prison ferme, celle-ci a été libérée par … Gbagbo qui l’a graciée. Un autre scandale et non des moindres, l’achat d’une usine de transformation du cacao en chocolat au pays de l’Oncle Sam. La bagatelle de 100 milliards de nos francs dont on dit qu’ils auraient servi à acheter l’usine n’est jamais arrivée à destination. Et comme en Côte d’Ivoire, les enquêtes judiciaires s’amoncellent sur les bureaux des juges et autres magistrats, cette autre affaire est ‘’classée sans suite’’. A cette liste, il faut ajouter le scandale des déchets toxiques. Cette substance nocive qui a été déversée à maints endroits de la capitale ivoirienne et qui a causé la mort de plusieurs personnes et contaminé des centaines d’autres. Les plus malheureux en portent encore les séquelles. Sans oublier les employés fictifs qui se faisaient payer sur le budget de la Présidence de la République. En clair, en dix ans de gestion du pouvoir, la Refondation et celui qui l’incarnent n’ont rien apporté de bon aux Ivoiriens. C’est donc à juste titre que le concerné parle de son bilan en quelques lignes.
Yves-M. ABIET Source: Le Patriote

Une vidéo de Seth Koko pour votre réflexion du jour.

 

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Publié dans News Abidjan

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