Psychose à Abidjan, Yopougon nouveau théâtre des combats

Publié le par sethkokohongrie


La Côte d’Ivoire vit une crise survenue après les résultats du second tour de l’élection présidentielle. Pour ce faire, l’UA a amorcé diverses médiations qui laissaient entrevoir des signes prometteurs d’un retour à la paix sociale.

Ce lundi, les conclusions “tant attendues “du panel des Chefs d’Etat ont conforté Alassane Ouattara dans “le fauteuil présidentiel“. Cela a divisé davantage les Ivoiriens. Pis, la situation semble se dégrader de plus en plus. A cet effet, l’on assiste à des appels incessants à la résistance surtout dans le camp Gbagbo.

Hier, les journaux avaient été interdits de paraître, muselant de ce fait la liberté d’expression. Aujourd’hui, c’est la très chère “Ode à la patrie“ et les chansons à relents patriotiques qui sont sorties du tiroir. Le souvenir de ces chants des grandes circonstances sont présentes dans les mémoires. Comme pour dire que nous entrons dans une phase décisive de cette crise.

Face à tout cela, les patriotes ont décidé de ne pas laisser impressionner par les décisions de l’UA. Alors, ils s’organisent comme ils peuvent pour parer à toute éventualité. Les ruelles des quartiers restent barricadées d’une part et les rencontres dans les agoras n’en finissent plus d’autre part. Un seul mot d’ordre, aucun pays extérieur ne saurait dicter sa loi à la Côte d’Ivoire. Mais, la réalité est tout autre.

Très tôt ce lundi matin (06HGMT), les populations de Yopougon ont vu leur sommeil troublé par des tirs. Les curieux qui voulaient en savoir un peu plus ont été purement renvoyés à l’aide de gaz lacrymogène. Selon, les informations recueillies auprès de certains témoins, des chars des forces onusiennes auraient obstrué les voies des quartiers “Siporex “ et de “la Gare“. Pour dit-on isoler le quartier Fanny, où réside le Gal Philippe Mangou, le CEMA. D’autres ont quant à eux entendu des coups de feu sans voir de chars. “On nous a dit que les chars étaient au niveau du pont de Sebroko“ confie Iréné Danon.

Pour l’heure, les spéculations vont bon train. Une chose est sûre, c’est que le domicile du CEMA, Philippe Mangou, situé dans le au quartier Fanny sis à Andokoi, avait essuyé des tirs la veille. Cette situation a perturbé le trafic. Ainsi, les chauffeurs de bus et de gbakas ont préféré jouer la prudence. Ils n’ont pas roulé. Cela dit, il était difficile pour les habitants de Yopougon de sortir de leurs domiciles respectifs. Une peur bleue existe désormais dans cette commune qui voit les Mauritaniens fermer leurs boutiques et les Nigériens mettre un terme à la vente du “garba“, ce mets très prisé par les jeunes Ivoiriens. En un mot, les populations souffrent dans leur majorité et l’argent se fait rare. “Je n’arrive plus à nourrir convenablement ma famille“ s’inquiète dame Hélène N’da. “Nous avons épuisé nos dernières ressources en attendant que la situation s’améliore“ a-t-elle poursuivi. Alors, on s’active pour ne pas être la cible du “commando invisible“ dont les menaces d’attaques de Yopougon deviennent récurrentes de plus en plus. Même si la guerre n’est qu’une idée insidieuse pour l’instant, les habitants de la cité de la joie ont perdu leur sérénité de toujours. “On attend et on attend de voir la suite“ rassure Y.T, membre d’un groupe d’auto-défense. Dans tous les cas, la confiance d’avoir une solution diplomatique à la crise s’amenuise progressivement. Pourtant, les Ivoiriens n’expriment qu’un seul souhait : le dialogue afin d’éviter une guerre civile.

Par ailleurs, la capitale économique ivoirienne ressemble dans son grand ensemble à une ville morte. La quasi totalité des commerces sont fermés ce lundi et rare est la circulation. La psychose de se voir victime des combats et violence est montée d'un cran et a envahi l'esprit des ivoiriens depuis la décision de l'Union Africaine en faveur de Ouattara.

 source : Mikado, Koaci.com Abidjan

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