REMETTRE IBRAHIM COULIBALY DANS LE JEU

Publié le par sethkokohongrie


         
Au moment où l'on parle de réconciliation nationale, il convient de remettre Ibrahim Coulibaly dit IB dans le jeu politique national. Tout comme le général Mathias Doué. Mais dans cet article, je voudrais m'appesantir sur le seul cas d'IB, en attendant que Mathias Doué sorte de sa cachette et se présente à ses concitoyens.

Quand le général Robert Guéï a nommé IB comme attaché militaire à la représentation diplomatique ivoirienne à Ottawa en 2000, il s'est dépêché, dans les 72 h qui ont suivi, d'arrêter et d'incarcérer ses hommes : Tuo Fozié, Coulibaly Souleymane dit la Grenade, Issiaka Ouattara dit Wattao, etc. IB a donc décidé de démissionner et de rentrer en Afrique, mais pas en Côte d'Ivoire. Cette clandestinité a continué sous Laurent Gbagbo plus de 10 ans durant, jusqu'à ce que l'homme rentre incognito au pays après janvier 2011. Depuis, à la tête de ce que l'on nomme désormais le commando invisible d'Abobo, il lutte inlassablement contre la confiscation du pouvoir d'État par Laurent Gbagbo.

Ce commando a le mérite indéniable d'avoir défait toute l'armée fidèle à Gbagbo aussi bien à Anyama, N'Dotré, PK18 et Abobo. Il a réussi la prouesse de détruire des chars de Gbagbo, à semer la terreur parmi les soldats fidèles au dictateur et à combattre son armée jusque dans Angré ! Et cela, avec visiblement très peu de moyens. Il convenait donc pour Guillaume Soro et les FRCI, une fois aux portes d'Abidjan, de prendre langue avec IB pour qu'il leur fasse le point de la situation. IB a en effet l'avantage de connaître le terrain et l'adversaire, il a l'expérience de cette guérilla urbaine qu'il a menée avec succès dans la commune la plus peuplée du pays.

Il est donc regrettable que Soro et ses hommes l'aient ignoré royalement, croyant naïvement qu'ils viendraient prendre Laurent Gbagbo au collet en une nuit d'assaut final. Le résultat est là. Il y a eu deux assauts finaux qui n'ont rien donné de palpable : ni le palais présidentiel, ni la résidence du chef de l'État, ni la RTI, ni le camp d'Agban, ni l'école de gendarmerie, ni le camp commando de Koumassi n'ont été pris. Les hommes de Gbagbo contrôlent toujours Cocody et le Plateau où se trouvent la BCEAO, les banques, la primature, les ministères, la présidence, le trésor, etc. Comment peut-on gérer le pays si on ne contrôle pas tout cela ?

Tout le monde connaît l'état des relations entre Soro et IB, mais le premier devrait prendre conscience de son statut de benjamin et aller vers son aîné pour faire la paix des braves. Leur objectif est commun et il ne sied donc pas qu'ils soient divisés devant Gbagbo qui ne peut qu'en profiter. Déjà le commando invisible s'est retiré de tous les champs de bataille pour laisser faire les FRCI qui depuis, trébuchent, décrochent et se replient sans cesse. Les hommes de Gbagbo regagnent du terrain, se regroupent, se réarment et poussent le toupet jusqu'à attaquer l'Hôtel du Golf ! Alors, messieurs, taisez vos querelles de clochers et faites la paix. Le temps de la réconciliation nationale a sonné. L'objectif demeure d'obtenir le départ définitif de Gbagbo qui n'est pas encore acquis. Privilégiez donc l'essentiel, non l'accessoire de votre orgueil.

Dr Famahan SAMAKÉ
 
   source : LEBANCO

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