TENTATIVE DE ''DÉSTABILISATION'' DE LA TRANSITION ? Sale temps pour les barons du régime déchu

Publié le par sethkokohongrie

Sale temps pour les dignitaires du régime Tandja renversé le 18 février dernier par un coup d'Etat militaire. Plusieurs d'entre eux sont actuellement entre les mains de la police, qui procède à des interpellations depuis le 28 mars dernier dans les rangs des pro-Tandja.

A l'origine du déclenchement de cette vaste opération qui se poursuivra, selon le ministre de l'Intérieur et de la décentralisation Cissé Ousmane, les personnes interpellées sont soupçonnées de mener des ''activités subversives'' visant à ''déstabiliser le régime de la transition''. La première vague de personnalités arrêtées le 28 mars par la police comprend des ex-ministres, des acteurs politiques proches de Tandja et des directeurs généraux de société et offices publics.

Sur cette liste, on trouve Ali Lamine Zeine, ex-ministre de l'Economie et des Finances, Garba Lompo, ex-ministre de la Justice garde des sceaux, Lamido Moumouni, ex-ministre de l'Equipement, Kassoum Moctar, ex-ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement du régime renversé et son prédécesseur Mohamed Ben Omar...

Parmi les premières victimes figurent aussi l'ex-directeur général de la Nigelec Foukori Ibrahim, le directeur général de la Sonidep Amadou Dioffo, celui de la Sopamine (la société du patrimoine des mines) Illiassou Abdourahamane, ainsi que Ali Sabo et Tamboura Issoufou, deux partisans fidèles de longue date de Tandja. L'opération policière s'est poursuivie le lundi 30 mars.

Elle s'est soldée par l'arrestation de Seini Oumarou et de Nouhou Arzika, respectivement président du Mouvement national pour la société de développement (MNSD Nassara), le parti politique de Tandja, et président de la Coalition Equité Qualité contre la vie chère, en début d'après midi. Le lendemain, c'est au tour de l'ex-directeur de cabinet de Tandja, Maman Bachir Yahaya, d'être mis au frais.

Le premier a été interpellé à son domicile, le deuxième au Palais des Congrès où il participait aux travaux des Etats généraux de la presse. A la date d'aujourd'hui, ils sont au total plus d'une quinzaine d'acteurs civils clefs du régime déchu à être privés de leur liberté de mouvements et gardés à la Compagnie nationale de sécurité, en attendant certainement d'être présentés à un juge.

Et le ministre Cissé de conclure son communiqué sur un ton ferme et menaçant : ''Tout acte, toute opinion de nature à perturber la tranquillité et le bon ordre public seront à compter de ce jour punis conformé-ment aux lois et règlements de la République''. Les arrestations en cours depuis le week-end dernier dans les rangs des pro-Tandja sont effectuées sur la base d'investigations policières, selon lui. Cette opération traduit apparemment la détermination du premier responsable de la police à mettre en application sa menace proférée dans le communiqué.

Il est reproché aux personnes arrêtées de s'adonner à ''des activités subversives'' contre la transition politique. L'assurance est donnée qu'elles seront présentées à un juge et si les accusations s'avèrent infondées, elles recouvreront leur liberté. En attendant, les conseils des pré-venus ont cherché à rencontrer leurs clients dans l'après-midi du mardi 30 mars dernier sans succès, selon Samna Daouda, un membre du comité d'avocats. "Nous attendons de voir la procédure qui leur sera appliquée et espérons que cette procédure respectera les règles de l'art.

Sinon ce sera un précédent dangereux pour le Niger ", a indiqué Me Samna contacté par Le Républicain. Même si des détails n'ont pas été fournis sur la nature des ''activités subversives'', le lien établi entre lesdites acti- Le jour même où la police a procédé aux premières interpellations, le ministre de l'Intérieur a publié un communiqué pour mettre en garde ''certains individus'' qui ''sous couvert d'associations ou groupes d'intérêts, s'évertuent à transformer les podiums des médias et autres en tribunes d'expression, d'opinions et d'idées qui ne visent que la promotion d'intérêts égoïstes, sans aucune considération des aspirations profondes de l'écrasante majorité des populations nigériennes''.

''L'Etat ne saurait dorénavant tolérer que ces pratiques viennent saper les efforts que dé-ploie le CSRD pour réconcilier les Nigériens entre eux et poser les jalons d'une nouvelle ère pour les laborieuses populations du Niger. (…) que sous couvert d'apporter leur contribution dans le débat qui préoccupe la nation, des individus s'acharnent à perpétuer par leurs dires, leurs écrits et leurs comportements les dérives qui ont plongé le pays dans la situation de tension bien connue, cela ne saurait perdurer'', poursuit le communiqué. vités et la stabilité politique du pays laisse croire à une action visant à compromettre l'aboutissement de la transition en cours.

Cette accusation qui est d'une extrême gravité suscite une interrogation majeure. Est-il aisé de mettre en doute le travail d'investigation fait en amont par les services de renseignements avant de procéder aux interpellations ? Hormis certains ex-ministres qui ont connu quelques jours de détention à la suite du coup d'Etat, aucun des autres prévenus n'a été inquiété avant le déclenchement de cette opération. Pourtant certains d'entre eux sont suffisamment trempés dans des dossiers de malversations financières qui attendent encore d'être élucidés. Malgré la requête insistante formulée au sein de l'opinion consistant notamment à diligenter rapidement des investigations sur les crimes économiques commis contre l'Etat nigérien ces dernières années par les régimes précédents, la junte militaire traîne les pieds pour déclencher cette opération qu'elle a pourtant promise.

Malgré le caractère exceptionnel du régime, le souhait exprimé au sein de l'opinion est que la gestion de cette grave affaire se fasse conformément aux règles de droit, pour ne pas donner l'impression qu'il s'agit d'une opération qui vise à écarter les pro-Tandja des prochaines joutes électorales.

O. Issa: www.republicain-niger.com/index.asp?affiche=News_Display.asp&ArticleID=5785&rub=Actualités

Publié dans Vue dans la presse

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