ZADI Bapê Grégoire dit Blé Goudé : le symbole du malheur de la jeunesse ivoirienne

Publié le par sethkokohongrie


 

 

 

La crise aiguë que connaît la Côte d’Ivoire se donne comme la conséquence de la conjugaison de plusieurs maux. La corruption de la jeunesse depuis 1990, année où Laurent Gbagbo s’est fait connaître du grand public, est le facteur déterminant de l’effritement de la société ivoirienne. 1990 a marqué la naissance de la rétrograde et très brutale fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), dont Charles Blé Goudé en est l’un des purs produits.

On ne peut parler du populiste Charles Blé Goudé sans situer le contexte d’émergence de la FESCI, syndicat au sein duquel il s’est tristement illustré. 

Le retour de Laurent Gbagbo sur la scène politique en 1990 a eu pour conséquence majeure la naissance de la FESCI, après la mort du mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (MEECI). Ce passage ne s’est pas fait sans drame : la FESCI est née dans le sang de Thierry Zébié, crapuleusement tué à la cité universitaire de Mermoz. Depuis, l’école ivoirienne est en crise ; un mal se traduisant par des grèves intempestives d’étudiants, des années scolaires et académiques tronquées, des années blanches, des perturbations de cours. 

Bref, tout est sens dessus dessous dans le système éducatif ivoirien, à tel enseigne que c’est une minorité d’étudiants qui impose sa loi à la majorité. Les administrations scolaires et universitaires sont impuissantes face à l’immense pouvoir de la poignée de membres de la FESCI. Agissant en véritable force mafieuse, elle a installé des administrations parallèles sur les campus et cités universitaires ivoiriens. 

En plus de prélever des taxes et autres impôts sur toutes les activités commerciales qui s’y exercent, les membres de la FESCI spolient des étudiants de leurs chambres. Celles-ci sont mises en location ou attribuées à d’autres "fescistes" sous la bénédiction républicaine des pouvoirs publics.

Hormis les grèves à répétition, ces pratiques illicites ne se passaient pas avant l’arrivée de Charles Blé Goudé à la tête de ce syndicat vers la fin des années 1990. Avec lui, La FESCI s’est détournée de son objectif, celui de lutter pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Ils en sont devenus ses victimes, si bien que la FESCI n’est plus représentative de l’ensemble des élèves et étudiants du pays.

Le visage hideux que revêt ce syndicat est l’œuvre de Blé Goudé. Sous son mandat, il s’est fissuré par une dissidence. Pour régler ce problème, le jeune étudiant a introduit l’usage des machettes. Nombreux sont ses camarades qui portent encore les stigmates de blessures, car sauvagement découpés à la machette. Bien plus, la FESCI s’illustre par ses meurtres d’étudiants qui demeurent impunis. La mort du jeune Dodo Habib en est l’une des illustrations.

Inscrit au département d’anglais de l’université d’Abidjan-Cocody, Blé Goudé y a passé plus de 11 ans sans avoir obtenu la licence, un diplôme qui s’obtient en 3 ans d’étude. Passant son temps à s’adonner à la voyoucratie pendant que les autres apprenaient consciencieusement, le syndicaliste s’est fait établir frauduleusement une licence d’anglais. Le scandale qui en a résulté l’a éloigné de l’enseignement supérieur ivoirien. 

Son successeur Jean Yves Dibopieu a trouvé une FESCI dépourvue de valeurs, avec des enseignants souvent passés à tabac. Aujourd’hui, l’ensemble des étudiants ivoiriens subissent les coups du hooliganisme étudiant instauré par Blé Goudé. 

C’est sur la scène politique qu’on le revoit, avec l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000. Cependant, c’est à la faveur de la rébellion armée du 19 septembre 2002 qu’il a pris son envole en créant le congrès des jeunes panafricains (COJEP). Il devient le président de l’alliance des jeunes patriotes, un groupe de miliciens à la solde du régime de Laurent Gbagbo. Ces jeunes à la triste réputation confondent très souvent les termes de "patriotisme" et de "nationalisme".

La guerre a fait l’actuel Blé Goudé, contrairement à l’image qu’on lui colle. Possédant une multitude de voitures de luxe, des biens immeubles, etc., Blé Goudé est un seigneur de guerre comme n’importe quel autre qu’on désigne sous ce vocable. La violence sous toutes ses formes est sa marque de fabrique politique. 

Partisan de la pensée unique et aimant le populisme, on le voit partout en train d'haranguer des foules de jeunes ignorants. Il ne peut parler sans vociférer et sans injurier. Il a crée dans les quartiers d’Abidjan des espaces où des jeunes désœuvrés et des délinquants vont s’abêtir. Ces lieux sont affectueusement appelés "agoras" ou "parlements". La "Sorbonne", au cœur du Plateau à Abidjan, est l’un de ces espaces.

Blé Goudé est, à tous points de vue, l’incarnation de l’échec scolaire. Baignant dans un luxe insolent, il n’est pourtant pas un modèle honnête de réussite social. Après avoir introduit les machettes dans les campus universitaires ivoiriens, il envoie régulièrement des jeunes à la mort dans des batailles politiques. Ici encore, il est l’incarnation du militantisme sanguinaire. 

Rien d’étonnant si, dans la crise politique qui secoue actuellement la Côte d’Ivoire, il distribue des armes de guerre aux jeunes pour défendre la cause de Laurent Gbagbo. Blé Goudé est creux, vide ; il prend son ignorance pour un savoir. Il sème la mort partout où il passe ; il semble maudit. Il est la preuve que l’école et l’excellence n’ont jamais figuré au nombre des priorités de Laurent Gbagbo.

On comprend pourquoi, lui, l’enseignant, a désagrégé le système éducatif et universitaire de son pays en 10 ans de règne. Seuls les médiocres semblent faire l’objet d’attention de sa part et occupent des postes de responsabilité. Sinon, comment comprendre que Blé Goudé, l’homme au passé trouble fait de scandales et de tricherie, soit ministre de la jeunesse et de l’emploi dans une République qui se veut sérieuse ?

Il y a tant de choses à dire sur Charles Blé Goudé – l’ancien brigand des campus –, aujourd’hui propagandiste de Laurent Gbagbo. Symbole du malheur de milliers de jeunes, espérons que ceux qu’il arme de kalachnikovs pour une guerre civile en Côte d’Ivoire ne les retournent contre lui.

Lilian Kesthelot  ( Contribution )

     source / lavoixdugolf

Une vidéo de Seth Koko pour votre réflexion du jour

 

 


  

 

Inscrivez-vous dans la newsletter et Soyez le premier à visualiser nos prochaines vidéos.

Publié dans News Abidjan

Commenter cet article